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dimanche 13 mars 2016

Le Mélancolie, prospecteur de l'amas de Voltz

Oui, le Mélancolie volait, malgré les trous.
Non, il n'était pas à vendre.
Oui, c'était sans appel, et Gros Zurg pouvait arracher des bras si besoin est pour faire passer le message.

C'est que malgré les pertes de pressions, les problèmes avec Boonz le Korsair, les reventes quasi sans bénéfices et le ferraillage m**dique dans les évacuations des eaux usées des station industrielles, Jokie aimait le Mélancolie, son cargo de spatial de 11° zone.
Comme il avait aimé sa femme, avec un regard affectueux qui transformait les défauts en détails attachants. 
Dans la banlieue de Sorr'Kerr, le port franc de l'Amas de Voltz, Jokie explique en détails son mode de facturation à un client mécontent.
Le Mélancolie et lui avaient écumé tous les astroports du système et des environs, tant bien que mal, survivant à tous les coups durs et réunissant petit à petit une équipe de choc, les meilleurs prospecteurs et ferrailleurs du système.

Oncle Bartus protège la navette Sphecidae 1 avec son calibre 35, après une beuverie ayant (encore) mal tournée, en attendant le retour du reste de l'équipage.
Bartus, dit l'Oncle, était une ancienne racaille des bas-fonds, connu de toutes les prisons de Burgundia pour sa grande gueule et ses défroques d'esclave minier. "Le fond [de la mine], c'est ma maison" l'entend t'on souvent dire. Jokie le prendrait pour un mythomane, s'il n'avait pas déjà vu le vieux en compagnie de relations louches du TSU. C'est son réseau dans les organisations occultes de l'industrie qui permet au Mélancolie de revendre les plus grosses pièces, sans passer par les agréments du Mechanicus et les taxes planétaires.

Ganelius Mecanocrate repense avec nostalgie à son premier export de données liquides.
Ganelius a été croisé dans un établissement tendancieux de Sorr'Kerr, en train de noyer ses problèmes dans de l'huile de première pression. Il avait du fuir le Mechanicus après avoir proposé une modification trop audacieuse du STC de réacteur à plasma Tokamak 40. Remplacer le tore magnétique par une boucle d'Escher était inacceptable pour son magos, et méritait un formatage rapide et total.
Embauché à bord du Mélancolie avec son serviteur, Ganelius assure le direction mécanique et électronique du vaisseau, et la restauration du matériel récupéré. Officiellement, du moins. Car officieusement Ganelius continue de renseigner les forges des Trois Parques sur ce qui se passe dans l'Amas de Voltz : c'est ainsi que le Mechanicus a pu retrouver de très anciennes reliques, là où ne vont que les prospecteurs de l’extrême.

Gros Zurg manutentionne crânement plusieurs tonnes de xilo-plutonium, et d'une main encore. Gros Zurg kontent! 
 Gros Zurg aimait beaucoup les machines quant il était encore humain. Trop, même sur un monde forge. Sa dernière étreinte avec un pot d'échappement de Rhino a été surprise par un techno-prêtre horrifié, qui l'a condamné à la castration mécanique. Zurg a demandé à ce que sa peine soit commuée en transformation en serviteur car "Zurg aime machine beaucoup". Son vœu fut exaucé, et il est vrai qu'on ne voit pas trop la différence, tant Zurg était déjà *spécial*. Gros Zurg est maintenant affecté au service de Ganelius, qui essaye de ne pas trop exposer ses parties mécaniques en sa présence : il trouve que le serviteur le regarde parfois un peu trop fixement.


Farzil vient expliquer à un technicien de l'astroport pourquoi le contrôle technique de la navette est réussi.
Farzil se prétend ancien arbites, ainsi que diplômé de xéno-biologie et ancien de la confrérie de l'Etoile. Il serait parti, selon lui, au moment où les pirates ont commencé à donné dans une nouvelle drogue particulièrement dangereuse et, dit'il dans un murmure et en faisant le signe de l'Aquila, "hérétique". Alternant brutalité et mièvrerie suspecte, Farzil est évité par la plupart des membres de l'équipage. Sa capacité a abattre un être vivant à 100 mètres en tirant à la hanche en fait toutefois un choix précieux pour Jokie pour sa prochaine mission.

En effet le Mélancolie et ses hommes s'apprêtent à rendre visite à l'effroyable Kaptain Boonz, la terreur verte des marchands du système, et l'heureux propriétaire d'une décharge comme seule les orks en ont. Une décharge prête à piller, pour qui est assez fou ou désespéré...

lundi 29 février 2016

Magna Carta Uraniferum

Dès 715M40 le corps des Exploratores de l'Adeptus Mechanicus repéra plusieurs filons de radio-éléments rares sur Burgundia, dont le précieux Uratritium. Renseignés par un prospecteur corrompu de l'Omnimessie, plusieurs officiers de la Croisade Honorem achetèrent à bas prix les terrains les plus riches et constituèrent les premières sociétés minières de Burgundia. Les prisonniers de guerre de la Croisade fournirent une main d'oeuvre immédiatement taillable et corvéable, et l'exploitation démarra rapidement.
La Magna Carta est le résultat de négociations ardues avec le Mechanicus, et occupe une quarantaine de mètres linéaires d'archives à elle toute seule. Ce n'est rien, toutefois, à côté des avenants et des Grandes annexes, Annexes préparatoires et documents de la Loge permanente des quotas miniers, accumulés au fur et à mesure des siècles. Le tout occupe plus de 70 kilomètres de rayonnage de la spire mémoriel de Lingones IV, dupliqués dans les archives sectorielles et, selon la rumeur, sur Terra, Mars et auprès du conclave des Trois Parques.


La manœuvre ne fut pas du goût de l'Adeptus Mechanicus, et en particulier des Magos des Trois Parques, un système abritant trois puissants mondes-forges. Un conflit larvé éclata, très handicapant pour le développement de la colonie. Alors que la Croisade Honorem avait été dissoute et ses constituants éclatés entre nouveaux territoires, le Mechanicus mit en place un blocus militaire de Burgundia. Un conflit majeur faillit éclater, et le gouverneur sectoriel dut intervenir pour arbitrer la situation, non sans quelques morts préalables.
La Magna Carta Uraniferum est le résultat de cette médiation tendue : les aristocrates de Burgundia ont gardé les droits d'exploitation miniers, mais doivent écouler leurs stocks auprès des mondes forges des Trois Parques. Une loge comprenant tous les acteurs est chargé annuellement de fixer les prix, sous le regard de l'Administratum.

Ces négociations sont au cœur du travail du gouverneur Salazar, l'actuel dirigeant de la planète. Depuis quelques années les Trois Parques ont réussi à faire baisser les tarifs, et les conditions de vie des Burgundiens commencent sérieusement à se dégrader.
L'arrivée de Salazar avait pourtant amené beaucoup d'espoirs : né sur le monde de Tyran, c'est un familier du Mechanicus, et membre d'une richissime famille. Ces atouts lui gagnèrent rapidement le surnom de "Nabab de Tyran".
Quoique lourdement réprimé ces dernières années, le Techno-syndicat Uratritium continue à agiter les sous ruches ouvrières de Lingones IV.

Hélas, la situation ne s'améliora que quelques années. Aujourd'hui les émeutes des populations ouvrières se font de plus en plus courantes, et le gouvernement planétaire semble pris en otage entre le peuple, les aristocrates "Seigneurs des mines" et l'implacable Mechanicus.